Les Bonbecs

Mardi 12 mai 2009
Cet automne, j'ai eu une nouvelle lubie : avoir un potager.

Mais la taille du jardinet de ma maison ne me le permettait pas. Alors que j'aurais dû trouver la solution depuis bien longtemps, j'ai mis un temps infini avant qu'une évidence ne m'apparaisse. Quelle utilité d'avoir une belle-famille d'agriculteurs si on ne peut pas profiter d'un ou deux avantages ?
J'ai donc pris mon courage à deux mains et demandé à mon beau-père s'il accepterait de me prêter un bout de champ ou n'importe quel coin de terre accessible avec un véhicule. A ma grande surprise, j'ai reçu une réponse positive, sans réserves sur la taille, mais avec un petit sourire en coin tout de même indiquant bien le scepticisme ambiant par rapport à mes nouvelles ambitions. A sa décharge, il est vrai que je travaille à cent pour cent, que nous sommes en train de transformer notre ferme et que nous exécutons la plupart des travaux nous-mêmes et surtout que ma migraine chronique me laisse souvent sur le carreau. Il en a donc facilement déduit que je n'y arriverais pas. Les années prochaines lui donneront tort ou raison, nous verrons.

Après avoir acheté des mètres de clôture, obligé Moitiédemoncoeur à bétonner des dizaines de piquets, passé le motoculteur, tracé des carreaux et des chemins plus ou moins droits, mon potager est né. 
Depuis Pâques, j'y passe au moins un soir sur deux et je suis extatique devant la pousse de mes pommées et de mes feuilles de chênes. Sans parler de mes radis et de mes carottes sorties de terres et qui grandissent à vue d'oeil. Je salive en sentant l'odeur du céleri pomme et je regarde la course vers les hauteurs de mes petits pois et haricots. Je jubile à l'idée de planter mes plants de tomates, poivrons, aubergines, courgettes et pâtissons ce week-end.
Enfin, à ma grande surprise, l'arrachage quotidien de la mauvaise herbe et l'aération de la terre ne me posent pas tant de soucis que ce que je pensais. Evidemment, à peine enlevée, elle repousse, mais je m'en fiche un peu. Je retrouve des sensations enfantines à gratter la terre, à y enfouir mes doigts et à finir par la caresser. Je ne m'attends pas cette année à une énorme récolte mais j'ai trouvé un nouveau moyen de m'évader sans prendre l'avion ou le train pour des destinations inconnues. Et moi qui aime tant les odeurs, les sons et les couleurs, je suis servie. Champs de colza en fleurs juste à côté, terre chauffée par le soleil, herbe fraîchement coupée, ciels toujours différents, chevreuil qui vient brouter le soir à l'orée du bois, coucous et merles qui chantent sans jamais se fatiguer, des tas de petits bonheurs, encore.





J'ai descendu dans mon jardin (bis)
Pour y cueillir du romarin
Gentil coquelicot, Mesdames
  Gentil coquelicot nouveau
J'n'en avais pas cueilli trois brins (bis)
Qu'un rossignol vint sur ma main
Gentil coquelicot, Mesdames
Gentil coquelicot
Il me dit trois mots en latin (bis)
Que les hommes ne valent rien
Gentil coquelicot Mesdames
Gentil coquelicot
Que les hommes ne valent rien (bis)
Et les garçons encore moins bien
Gentil coquelicot Mesdames
Gentil coquelicot
Des dames, il ne me dit rien (bis)
Mais des d'moiselles beaucoup de bien
Gentil coquelicot Mesdames
Gentil coquelicot
Par Shayla
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Vendredi 8 mai 2009
Ce matin, terrassée par une migraine, je n'ai pas pu aller travailler très tôt et il m'a fallu un temps infini pour me préparer. Sur ma route (longue et à travers la campagne) j'ai pris plaisir à voir les couleurs des arbres, des champs de colza, des fleurs dans les villages et surtout des nombreux lilas éclatants. J'ai eu envie d'un bouquet de leurs fleurs odorantes. Mais j'ai réalisé que demain, je n'aurais pas l'occasion d'en acheter au marché et cela m'a rendue un peu triste, j'avais tellement envie de respirer leur parfum et de contempler leur couleur.
Je suis arrivée au travail. Et là, une de mes collègues vient vers moi avec un magnifique bouquet de lilas, qu'elle avait cueilli le matin même dans son jardin, juste pour moi. La vie vous offre parfois des cadeaux merveilleux. J'aime énormément la jeune femme qui vient de me faire celui-ci et ce geste m'a tellement touché. Dans ces moments, je réalise combien j'ai de la chance et à quel point les petits bonheurs sont importants et méritent d'être relevés. Oui, avoir des collègues gentilles, avec lesquelles je passe de bons moments, qui savent me remonter le moral ou avoir des gestes généreux ou désintéressés est précieux. Nous sommes une dizaine à partager nos repas tous les jours et à faire de ces moments des instants plaisants, comme autour d'une table de famille. Pas de cancans sur le dos d'autres collègues, pas de jalousies, juste des moments drôles à nous raconter des petits instants de vie sans non plus nous dévoiler complètement . Et une ambiance comme celle-ci compte.
L'été dernier j'ai perdu deux amis l'un après l'autre très brusquement, l'un alors qu'il était en pleine rémission de cancer et l'autre dans un accident d'avion absurde où lui seul a perdu la vie. Tous les deux étaient des personnalités marquantes, portés vers les autres et solaires. De tout ce que j'ai pu apprendre d'eux, une chose en particulier me tient à coeur. Apprécier l'instant présent. Pas juste le moment de vie, non, chaque journée. Hier matin, un lièvre a traversé devant moi et j'ai pensé que c'était magique de voir un lièvre à l'aube au bord d'un champ. Tous les jours, lorsque je sors de chez moi, je regarde les tulipes du jardinet devant ma porte et j'apprécie leurs couleurs. J'essaie de me livrer le plus souvent possible à l'exercice. En ville, je croise des regards, des enfants, des situations qui me font sourire, rire ou qui m'étonnent et j'essaie de les marquer dans ma mémoire, même pour un court instant, comme des instants de bonheur. Ne vous méprenez pas, je n'y arrive pas tout le temps. Bien entendu, j'ai des mouvements d'humeur, des moments de découragement ou de cafard et souvent aussi une grande révolte par rapport au monde et à son évolution actuelle. Ma vie n'est ni tout en rose, ni idyllique, ni hors du commun. Mais respirer une fleur et apprécier son parfum, savourer une tasse de thé, m'obstiner à ramasser les escargots et les vers de terre et à les mettre dans un coin d'herbe plutôt qu'ils ne se fassent écraser sur le trottoir détrempé, m'émouvoir d'un sourire ou d'une marque d'affection, tout ça j'essaie de le faire et d'en apprécier le moment. Cela me fait du bien et, à de nombreuses reprises, cela m'a aidé à traverser des moments pas très amusants de mon existence. Je suis peut être un peu "dingo", non ?


Par Shayla
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Vendredi 5 septembre 2008


Juste en dessous de mon bureau, il y a une cour d'école. En fait il s'agit d'une classe protégée qui accueille des enfants dits "à problèmes". Ceux-ci viennent une fois par semaine dans cette classe, donc chaque jour de la semaine, les âges changent.
Cet après-midi ils sont dehors et ils jouent et j'entends "Cric-Crac" ! Le mot magique, celui qui met à l'abri quand on joue à chat.
Merveille de l'enfance où il suffit encore d'un mot magique pour nous mettre en sécurité et narguer la menace.
L'enfance n'est pas toujours rose, il y a des désillusions, des blessures, des souffrances mais il y a quand même des bulles d'insouciance.
Et nous adultes, où sont nos bulles ? Quel Cric-Crac magique pour nous protéger des mauvais sorts, des chagrins, des tuiles, de nous-même ?
Que faisons nous pour retrouver ce sentiment de plénitude que nous avions enfants ? Et pourquoi ne nous appliquons nous pas un peu mieux à continuer à rire et à nous émerveiller de tout ? Quellle régle nous oblige à rentrer dans le monde des adultes sans rien garder de notre enfance, acune paillette, aucune gomette, aucun ruban ? Pourquoi nous évertuons nous à tout vouloir gommer ? Lorsqu'on est petit, on chante parfois à tue-tête dans la rue, ou alors on se dépalce en sautillant. Mais une fois les anneés passées, plus personne n'ose. Les autres grands nous regardent de travers. C'est dommage.
Je vais chanter ce soir en allant chercher ma voiture et tant pis pour les regards en coin.
Par Shayla
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Jeudi 28 août 2008

Rien de tel qu'un bon vieux classique pour me faire rire toute l'après-midi !

Enjoy ;)

Par Shayla
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Mercredi 13 août 2008
J'adore la pluie. Bien sûr j'aime lorsqu'il fait beau, mais j'adore la pluie la nuit. Petite fille, dans mon lit, chez mes grands-parents, j'entendais par la fenêtre ouverte le chant de la pluie dans la cour. Elle formait des ruisseaux longeant le trottoir qui s'écoulaient ensuite sans discontinuer par une grille. C'était un bruit doux et rassurant. Tout me paraît plus calme lorsqu'il pleut. J'aime rester assise dans mon lit à écouter les gouttes tomber sur les feuilles des plantes de mon jardin.
J'aime particulièrement les pluies d'été. Après une journée étouffante de chaleur. L'air se remplit d'une odeur de terre chaude. Même en ville, le goudron chaud dégage une odeur particulière lorsqu'il est mouillé par la pluie. Comme tout le monde, il m'est arrivé de me faire surprendre en robe et en sandalettes, mais à l'inverse de beaucoup, je ne cours pas. J'enlève mes chaussures et je marche tranquillement dans les rivières éphémères qui s'écoulent sur mon chemin. J'aime la sensation de la pluie chaude qui me ruisselle dessus.
J'aime les pluies d'été en pleine journée lorsqu'il y a des rayons de soleil en même temps. Je redeviens une enfant et je cherche partout où se cache l'arc-en-ciel. Je n'ai pas mon pareil pour les dénicher. Ce sont des petits bonheurs de l'été.
Par Shayla
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