Mercredi 15 octobre 2008
Ma vie se situe entre deux mondes... J'explique : je travaille tous les jours de l'année dans une Université avec des tas de gens qui se tordent le cortex à longueur de temps et je vis dans un tout petit village à une heure de route de mon lieu de travail où la vie est rythmée par la terre et le ciel.

Hier, j'ai passé une journée entière concentrée sur un retranscript pour un travail de recherche, des gens en train de se demander comment faire pour ceci, comment améliorer cela et pour eux, c'est un truc vraiment important, cela occupe une bonne partie de leurs pensées (et je le respecte tout à fait, plus même, je suis convaincue du bien fondé d'une bonne partie de ces démarches) et le soir, on a sonné à la porte de ma ptite maison-ferme, ma belle-maman toute inquiète qui demandait si moitié de mon coeur pourrait déplacer son véhicule de travail dans la cour et qui soupirait parce qu'il fallait là, tout de suite, qu'elle aille courir toute seule après cinq vaches qui s'étaient fait la belle... Devant l'air désespéré de ma belle-maman et sachant à quel point elle en a assez de ces courses pénibles dues au fait que mon beau-papa est un distrait et qu'il ne s'inquiète pas toujours suffisamment des clôtures, ajouté au fait que ma belle-mamam a peur des dites vaches, je lui ai proposé de l'accompagner. Il faut dire que les quadrupèdes en question ne m'impressionnent pas du tout et que cela aide beaucoup dans ces cas-là, puisque les malignes savent parfaitement si elles peuvent abuser ou non. Donc hier soir j'ai passé trois quarts d'heures dans les champs à la tombée de la nuit à ramener les indisciplinées vers leurs congénères, à courir à gauche puis faire un arrêt brusque et repartir à droite toujours en courant pour les obliger à aller là où le bipède que je suis avais décidé. Et je savourais ces instants-là. D'abord parce que j'adore les animaux, ensuite parce que j'adore les situations inattendues comme celle-ci enfin parce qu'à cet instant, ce que je faisais était bien plus utile et avait bien plus de sens que toutes les théories universitaires du monde, même les plus justifiées.

Aujourd'hui, je suis sortie d'une journée non-stop de 8h30 dédiée entièrement à la réflexion sur des améliorations de la qualité de l'enseignement et bien que je reste convaincue qu'il y a de grandes améliorations et de nouveaux outils à mettre en place pour ce faire, lorsque je suis rentrée, j'ai trouvé toute ma belle-famille occupée à trier les pommes de terres sur un tapis roulant pour pouvoir ensuite les envoyer à la coopérative où elles seront prises en charge pour atterrir d'ici quelques jours sur les étalages afin de nourrir toutes sortes de gens, de l'ouvrier à l'universitaire, du modeste au plus aisé. Et une fois de plus, le paradoxe entre les deux mondes dans lesquels je partage mon temps m'a sauté aux yeux.

Mais on pourra défendre toutes les théories du monde, il sera toujours mille fois plus essentiel que des gens travaillent la terre et offre le produit de leur labeur à d'autres pour les nourrir. Il me paraîtra toujours plus essentiel de passer un mois et demi à soigner une vache ou à nourrir avec un biberon de bébé trois fois par jour un veau prématuré né un mois et demi avant terme (comme je l'ai fait l'année passée) que toutes les réflexions et débats auxquels je peux assister ou prendre part.

J'aime ces deux mondes et je m'enrichi au contact de chacun d'entre eux mais passer un après midi à faire les foins en regardant la nature autour de moi ou encore frotter un petit veau qui vient de naître me comblera sans doute encore longtemps de ce sentiment de plénitude et de travail accompli.



Par Shayla - Publié dans : Les Papotages
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Lundi 29 septembre 2008
Hé non, je ne boudais pas :) J'étais simplement en congé pour une semaine. Vu la fatigue accumulée (dixit les différents événements) et les migraines qui s'enchaînaient, il m'a fallu me résoudre à lever le pied une semaine.

Comme je savais que ma compagne, la migraine, allait être de la partie, je n'ai pas prévu d'en faire des tonnes… Et j'ai bien fait car elle ne m'a laissée tranquille que trois petits jours. Mais pendant ce temps, j'ai pu me livrer à mes petits plaisirs, à savoir la lecture et les promenades dans la campagne environnante.

Côté lecture, j'ai été boulimique parce que j'ai lu pas moins de treize ouvrages, dont onze pour des critiques littéraires. Mais j'ai eu l'heureuse surprise que trois de ceux-ci soient franchement très bon et trois autres tous à faits agréables.
Et pour le pur plaisir de la lecture, j'ai savouré "Le Chocolat d'Apolline" de Michel Cyprien et "La Note sensible" de Valentine Goby.

J'ai envie de vous parler du premier, je me garde un crédit avec le second, malin hein ! (et je ne me pencherai que sur la partie plaisir de la lecture sans passer par la case critique puisque c'est sous cet angle que je l'ai lu.)

"Le Chocolat d'Apolline" – Michel Cyprien
Collection : Folio 237 pages (Editeur : Gallimard - juin 2001)

Apolline a une quarantaine d'année et partage sa vie entre ses cours de philo, sa vie tranquille dans son petit pavillon de banlieue et ses visites hebdomadaires à sa mère. Déjà ronde enfant, elle avoue aujourd'hui 130 kilos. Apolline n'est pas une femme qui pleure sur son sort, elle aime les films de Fellini, les instants de réflexion, la bonne littérature, et partage des amitiés amoureuses au gré de ses rencontres.
Mais le passé revient parfois gratter à la porte et oblige au changement. Apolline va prendre un nouveau chemin, sans compromission et s'ouvrir à une nouvelle liberté, pleinement goûtée.

Il s'agit d'un roman remarquable. Depuis que je l'ai lu, son personnage féminin continue à m'accompagner. J'ai l'impression d'avoir visité sa maison, connu son quotidien et partagé son intimité. J'adore ce sentiment, lorsque les livres continuent à vous habiter à la fin de leur lecture. C'est tellement délicieux.
Petite note : ayez à portée de main quelques douceurs à déguster car certains passages descriptifs sont un supplice pour les gourmandes et les gourmands...

Ce qu'en dit l'éditeur :
Quatrième de couverture
Elle est grosse, très grosse, elle aime le chocolat, les films de Fellini, la philosophie. Sans doute aimerait-elle aussi l'amour et le sexe, mais, de ce côté-là, Apolline vit plutôt dans la misère affective et l'attente du bonheur. Apolline a une mère, vieille dame tyrannique, avec qui elle entretient des rapports passionnels. Avec son physique et sa volumineuse chevelure noire, Apolline ne passe jamais inaperçue. L'occasion va lui être enfin donnée de régler ses comptes avec l'existence avec les autres, mais aussi avec elle-même - et de se libérer de tout ce qui l'accable depuis l'enfance. Un mélange de gravité et de cocasserie, de moments dominés par la raison et d'autres parfaitement délirants.


Par Shayla - Publié dans : Les Tasses de thé
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Mardi 16 septembre 2008
La vie ne nous donne pas d'explications sur ce qui arrive. C'est comme ça, c'est tout. Parfois, elle nous offre des cadeaux., parfois elle les reprend. Aujourd'hui, je vais devoir dire au revoir à quelqu'un de formidable dont la vie s'est achevée trop vite.
C'était une personne lumineuse, remplie d'écoute, d'empathie pour les autres, d'attention et de gentillesse. Il est malicieux, drôle, rempli d'énergie et très brillant.
Il a été tout au long de sa vie quelqu'un que l'on remarque et que l'on aime.
Il a apporté à chacune des personnes qu'il a croisé quelque chose.
Nous partagions notre vécu de migraineux et je me réjouissais de chacune de nos rencontres.
Je suis remplie de tristesse par ce décès injuste, et remplie de pensées pour ses proches qui viennent de perdre une partie d'eux-mêmes.
Ce qui me restera c'est de me souvenir de ce qu'il faisait. D'essayer de m'approcher un tout petit peu de son attitude généreuse et de sa philosophie de vie.
Ce qu'il me restera aussi c'est la jeune pousse d'amour et de compréhension qu'il a planté dans le cœur de tous ceux qui ont eu la chance de le côtoyer. Alors pour tout ce qu'il était et pour tout ce qu'il a donné, je vais m'appliquer jour après jour à la faire grandir.

A bientôt mon ami



Par Shayla
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Lundi 15 septembre 2008
Je n'ai que peu de temps aujourd'hui, alors j'ai pensé mettre un petit texte sorti d'un journal fiction que j'ai rédigé il y a quelques années pour remonter le moral d'une amie qui traversait une sale période et dont le courrier était la seule distraction. J'espère que cela vous amusera :)



Les champignons

Ce jour là, Praline entra dans une boulangerie sans vraiment savoir pourquoi. Son regard vagabonda jusqu’au rayon des bonbons, où elle aperçu de ravissants petits champignons roses et blancs.
Sous le charme, elle en demanda un plein sac. Elle rentra chez elle aussi vite que possible, afin que ceux-ci ne soient pas altérés pendant le trajet. Toute à sa joie, elle passa en revue dans sa tête les différents récipients qui seraient assez confortables pour accueillir les précieux champignons.
Elle arrêta son choix sur une large soupière ovale, en porcelaine blanche, qu’elle n’avait pas servi depuis bien longtemps. Il lui sembla que c’était là le parfait contenant. Profonde, évasée et légèrement surélevée. La porcelaine aux discrets reliefs mettrait vraiment en valeurs ces champignons si fragiles.
Dès qu’elle eût franchi le seuil, Praline se dirigea vers sa cuisine. Elle s’empara de la soupière choisie puis hésita un instant. Comment procéder pour conserver ces petites merveilles le plus longtemps possible ? La réponse s’imposa. Elle pris un bocal et déversa son contenu jusqu’au bord de la soupière. Puis, délicatement, elle disposa les champignons, les uns après les autres, les enfonçant doucement dans le sucre blanc cristallisé qu’elle venait de répartir. Une fois cette opération effectuée, Praline soupira de satisfaction devant le résultat. L’harmonie des couleurs et des formes était parfaite.
Elle déposa la soupière sur la table de la cuisine, ni trop prêt, ni trop loin de la lumière et à l’abri des courants d’air.
Les jours qui suivirent, elle soigna amoureusement ses champignons, les saupoudrant quotidiennement d’une fine pluie de sucre, afin qu’ils grandissent bien et se multiplient.
Au bout d’une semaine, elle commença à se décourager. Malgré tous ses efforts, les champignons n’évoluaient ni en taille, ni en nombre. Ils ne pourrissaient heureusement pas, ce qui était bon signe, mais ils semblaient figés dans leur croissance. Elle pensa alors que le sucre raffiné n’était pas suffisamment concentré pour leur apporter assez de forces. Elle ramena donc de la boulangerie une plein poignée de sucres d’orges qu’elle planta dans le sucre, à demi ensevelis, et disposés en divers endroits de la soupière.
Elle attendit, patiemment, une semaine encore. Mais hélas, rien ne se passa. Les jolis champignons roses et blancs restaient désespérément indifférents à toutes ses attentions. Il fallait trouver une nourriture plus riche encore que ce qu’elle avait envisagé jusque là. Elle fouilla dans le bas de son armoire et, triomphante, en sorti une bouteille de sirop de framboise.
Avec application, elle fit couler le liquide rouge et collant en dessinant des volutes autour des champignons, en prenant grand soin de ne pas les toucher. Mais, au fur et à mesure que des dessins s’inscrivaient dans le sucre, celui-ci se creusait de plus en plus sous les sillons du sirop. Le fragile jardin se mit doucement à fondre. Les champignons vacillèrent, les sucres d’orge se dénudèrent et s’affaissèrent. Le spectacle laissa Praline affligée.
Soudain, elle saisit chacun des bonbons roses et blancs et les dégusta les uns après les autres, avec contentement. Elle finit en croquant avec gourmandise dans les sucres d’orge et décida qu’il était plus simple d’acheter régulièrement ces délicieux champignons plutôt que d’essayer de les cultiver elle-même.
Par Shayla - Publié dans : Les Pralines
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Vendredi 12 septembre 2008
Voilà le mot d'ordre du moment. Faut s'épanouir, trouver une occupation en dehors du travail (et des ptits choux pour ceux qui en ont), faut se réaliser. Moi je veux bien mais mon truc c'est l'écriture seulement un constat m'est brusquement apparu :
Tout le monde est passé avant moi !
Sérieux, dans le rayon librairie du coin j'ai trouvé que
-    Sonia Dubois avait déjà livré son combat contre son poids – donc ma bataille à moi contre le yoyo +20 kg – 20 kg n'intéresse plus personne
-    Laurence Boccolini avait déjà fait un livre sur la souffrance de ne pas pouvoir être mère – du coup mon petit combat pour avoir le droit de dire que je n'en veux pas va faire salement tâche face à une figure télévisuelle
-    Eliette Abécassis a déjà parlé de sa propre vision de la maternité – me voilà donc définitivement rétamée sur ce point
-    Les bouquins sur le statut de migraineux pullulent et il n'y a que les migraineux qui les achètent – donc mon cri désespéré pour que le restant du monde nous entende est mort dans l'oeuf
-    Amélie Nothomb et Eric-Emmanuel Schmitt existent déjà, cela me laisse peu de place pour devenir une nouvelle plume à la mode
-    Je suis plutôt douée en critiques littéraires mais Le Masque et La Plume ayant déjà son cota, je pense que je vais devoir me contenter de continuer à les écouter le dimanche.
-    J'adore la déco, je donne plein de conseils à mes copines, mais je suis pas sûre qu'elles veuillent bien me laisser photographier leurs intérieurs pour un avant après – et je crois bien que Valérie Damidot occupe déjà ce créneaux
-    Le monde de la chanson n'est plus gouverné par des mélomanes mais par des économistes donc mon groupe de rock n'aura définitivement pas le profil
-    Je n'excelle ni en cuisine, ni en jardinage, ni en maquillage, ni en mode, ni en photo donc je n'arriverai jamais à la cheville des blogs que je connais déjà sur le sujet et devant lesquels je reste admirative
-    Je refuse de devenir Nicolas S ou Carla B S pour pouvoir faire ce que je veux du monde et paf si t'es méchant avec mes copains je te mets dans la M. Même si je crois que cela m'amuserait bien de devenir maître du monde, sauf que j'en ferais pas la même chose :D

Bref, il n'y a plus des masses de place pour moi.

J'excelle aussi dans le comportement félin (bon j'en ai dix, ça aide à apprendre – Personne ne hurle DIIIIIIIIX s'il vous plaît, je l'ai pas fait exprès c'est les circonstances qui ont fait que !). Mais je vois pas ce que je pourrais faire de cela à moins d'aller chanter "Memories" sur les toits par une nuit de pleine lune



Par Shayla - Publié dans : Les Tasses de thé
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